LE VIRAGE A GAUCHE DU PS

S’il est une synthèse évidente qui se dégage de la campagne des motions socialistes, c’est le virage à gauche que semblent avoir opéré quasiment toutes les élites du parti.
Pour la première fois, c’est à qui revendiquera le plus fort son anti-libéralisme. Certains socialistes qui hier encore trouvaient que l’état ne pouvait pas tout, retrouvent soudain des vertus à l’interventionnisme d’état. Ceux qui ont privatisé plus que la droite, s’opposent désormais à la privatisation de la Poste. Ceux qui trouvaient acceptable un traité constitutionnel prônant la concurrence « libre et non faussée », se font même doubler par Sarkozy quand il affirme que « le marché sans contrôle, c’est fini » et que « la croyance dans l’auto-régulation du marché était une folie. ». Ceux qui étaient fier de déclarer leur audace libérale, se font soudainement plus modestes. Ceux qui en privé, osaient dire que l’augmentation des salaires pénalisait la compétitivité des entreprises, découvrent subitement que 10% du PIB a été dérobé des salaires au bénéfice du capital. Ceux qui disaient que le SMIC à 1500 €uros était impossible tout de suite, réclament maintenant une augmentation pour tous les salaires. Ceux qui acceptaient la pratique de revenus mirifiques et des parachutes dorés veulent dorénavant les règlementer. Ceux qui se sont soumis aux exigences de la commission Européenne en matière de non intervention de l’état, veulent désormais taxer les bénéfices de Total, Areva, Gdf-Suez et EDF.
La liste est longue, mais pour résumer : ceux qui trouvaient hier l’aile gauche du parti ringarde, la trouvent maintenant sacrément moderne.
Eh bien, tant mieux ! Réjouissons nous de cette nouvelle affection ! Réjouissons nous de ce retour du bon sens dans la maison des socialistes.
Reste à traiter le problème de la sincérité…
Il est facile de trouver de belles déclarations dans les médias, ou sur des blogs, mais après ? Les motions, quoique déjà infléchies par la crise mondiale, ne sont pas à la hauteur de leurs nouveaux discours. Certains voulaient même reporter le congrès pour mieux intégrer la crise dans leur programme.
Convient-il de faire confiance à ceux qui se sont, un temps au moins, déjà affranchis du programme du Parti Socialiste ?
SÉGOLÈNE ROYALE PERD LA MOITIÉ DE SES SOUTIENS
Si les médias mettent en exergue la victoire de Ségolène Royale, il est une autre vérité qui oblige à rappeler la division par 2 des voix que l’ex-candidate recueille dans le parti. Alors qu’elle rassemblait 60% des militants lors de l’investiture à l’élection présidentielle, moins de 30% se sont exprimés en faveur de sa motion. Dans le même temps, la motion de Benoît Hamon obtient 19% des voix. Ce score doit être apprécié à sa juste valeur car, si ces mêmes médias au fur et à mesure de la campagne, enregistraient une poussée de l’aile anti-libérale du parti, ils la situaient autour de 15% et n’avaient pas pronostiqué un tel score. Notons d’ailleurs que la motion de Benoît Hamon était quasiment absente à la fois des médias et des sondages. Quant on en connait l’importance dans le comportement de l’électeur, on peut être assuré qu’une représentation plus objective de la motion C dans les médias aurait, au moins, modifié la donne. Mais ne désespérons pas ! C'est un travail de longue haleine...
LA MOTION ARRIVÉE EN TÊTE DOIT-ELLE CONDUIRE LE PARTI ?
La question est mal posée. Ce n’est pas l’ordre d’arrivée des motions qui doit déterminer la ligne politique du parti, mais la capacité à rassembler autour d’un projet commun. Prenons un exemple peu fréquent mais déjà rencontré : une motion arrivée en tête ferait autour de 35% des voix. Les idées défendues par cette motion sont éloignées des idées défendues par plusieurs autres motions, proches les unes des autres, qui ensemble font plus de 50% des voix. Qui doit diriger le parti ? Évidemment ceux qui ont des idées proches les unes des autres s’ils réalisent l’union. Dans la plupart des cas, la motion arrivée en tête dirige le parti simplement parce qu’elle est aussi capable de rassembler autour d’elle. Mais ce n’est pas parce qu’une autre configuration, mois attendue, peut se présenter qu’elle n’est pas légitime. Ce cas s’est d’ailleurs déjà produit, un précédent de taille étant tout simplement le congrès d’Epinay en 1971. Nous y avons vu la victoire de François Mitterrand, pourtant minoritaire au sein même de sa propre coalition, et la défaite de la motion Savary–Mollet pourtant majoritaire à l’issue du premier tour. Et c'est bien ce Mitterrand-là qui nous a porté vers la victoire de 1981...
(source : http://www.france-politique.fr/congres-ps.htm)
Les statuts du parti socialiste n'ont jamais indiqué que la motion arrivée en tête devait diriger le parti. Et heureusement, puisque nous avons ainsi la possibilité de nous exprimer sur un vote de conviction, et donc éviter (au moins en théorie) l'écueil du « vote utile ».
Changer les règles du jeu, ne serait-ce que dans l’esprit des gens, alors que le processus électoral n’est pas terminé, reviendrait à trahir les adhérents qui ont fait le choix du vote de conviction plutôt que du vote tactique.
QUEL CANDIDAT POUR LE POSTE DE PREMIER SECRÉTAIRE ?
Pour la motion E, le choix du candidat ne semble pas aller de soi. Il faudra plusieurs jours pour décider entre Emmanuel Valls, Vincent Peillon, François Rebsamen, Julien Dray, certains parlent même d’un nom jamais cité - on en oublierait presque Gérard Collomb -, voire Ségolène Royale. Il est vrai que cette dernière avait fait le choix de ne pas être tête de liste et avait annoncé mettre ses ambitions au frigidaire. Posture peu courageuse visant à ne pas écorner sa véritable ambition (qui, au demeurant, n'est pourtant pas critiquable), celle d’être une nouvelle fois la candidate du parti socialiste à l’élection présidentielle.
En définitive, la question qui se pose au sein de la motion E ne semble pas être celle du candidat qui portera le mieux le programme socialiste, mais plutôt celle de celui qui saura rassembler et éviter la confusion. Par anticipation, certains s’ingénient d'ailleurs déjà à accuser les autres 70% des militants de vouloir jouer le « tout sauf Ségolène ».
Du côté des motions A et D, le choix du candidat potentiel est plus clair... Encore que les propos de Bertrand Delanoë « ma candidature ne doit pas constituer un problème pour le PS » ajoutent à la confusion. Clairement on est plutôt entré dans la stratégie de l’attente : « wait and see ». Ensuite, s’il est objectif que la candidature de Martine Aubry serait la plus consensuelle, elle ne serait, en tout cas, certainement pas un gage de renouvellement.
La motion C est la seule à avoir une stratégie et une ligne politique ne déviant ni dans le temps, ni entre les propos et les écrits. Elle est la seule en capacité de présenter un candidat dès le premier jour, cohérent avec son projet, sans tractation ni arrières pensées politiciennes, ayant le soutien entier de ses militants, et répondant clairement au besoin de redynamisation du parti.
QUI D’AUTRE QU’UN ANTI-LIBERAL POUR S’OPPOSER AU LIBÉRALISME ?
Benoît Hamon propose des solutions constructives et opposables aux excès du capitalisme financier et de la dérégulation libérale. Contrairement aux autres, il n’a à se renier sur rien et ne peut pas être suspecté de renoncer au programme du parti Socialiste au premier retournement de vent. Il est celui qui incarne le mieux l’exigence intellectuelle dont nous avons besoin aujourd’hui.
Si vous êtes atteint d’une maladie rare, et qu’après les échecs de plusieurs médecins, un autre médecin fini par faire le bon diagnostic, à qui croyez-vous que vous confierez la responsabilité de vous soigner ? A celui qui a fait le bon diagnostic.
Benoît Hamon a fait le bon diagnostic. Il peut rassembler et créer une majorité soudée. Il incarne mieux que quiconque le renouvellement. Il doit être le prochain secrétaire du Parti Socialiste.
Texte présenté par les signataires de la motion C à Chaville :
- Jocelyne Quoniam (Conseillère Municipale)
- Patrick Fournier
- Annick Greneche
- Yannick Avelino (Conseiller Municipal)

Aujourd'hui, Laurent Wauquiez nous l'a dit :
Voilà ce qu'on lit dans lémédias aujourd'hui :
Le 4 août 2008, la ville de Chaville a passé un marché complémentaire avec la société "People & Baby" pour 10 berceaux supplémentaire. La ville réserve donc désormais la totalité des 40 berceaux qu'héberge cette crèche privée.
C'est un nouveau pas !