lundi, novembre 10 2008

Appel au soutien de la candidature de Benoît Hamon au poste de premier secrétaire.

10 11 2008

LE VIRAGE A GAUCHE DU PS

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S’il est une synthèse évidente qui se dégage de la campagne des motions socialistes, c’est le virage à gauche que semblent avoir opéré quasiment toutes les élites du parti.

Pour la première fois, c’est à qui revendiquera le plus fort son anti-libéralisme. Certains socialistes qui hier encore trouvaient que l’état ne pouvait pas tout, retrouvent soudain des vertus à l’interventionnisme d’état. Ceux qui ont privatisé plus que la droite, s’opposent désormais à la privatisation de la Poste. Ceux qui trouvaient acceptable un traité constitutionnel prônant la concurrence « libre et non faussée », se font même doubler par Sarkozy quand il affirme que « le marché sans contrôle, c’est fini » et que « la croyance dans l’auto-régulation du marché était une folie. ». Ceux qui étaient fier de déclarer leur audace libérale, se font soudainement plus modestes. Ceux qui en privé, osaient dire que l’augmentation des salaires pénalisait la compétitivité des entreprises, découvrent subitement que 10% du PIB a été dérobé des salaires au bénéfice du capital. Ceux qui disaient que le SMIC à 1500 €uros était impossible tout de suite, réclament maintenant une augmentation pour tous les salaires. Ceux qui acceptaient la pratique de revenus mirifiques et des parachutes dorés veulent dorénavant les règlementer. Ceux qui se sont soumis aux exigences de la commission Européenne en matière de non intervention de l’état, veulent désormais taxer les bénéfices de Total, Areva, Gdf-Suez et EDF.

La liste est longue, mais pour résumer : ceux qui trouvaient hier l’aile gauche du parti ringarde, la trouvent maintenant sacrément moderne.

Eh bien, tant mieux ! Réjouissons nous de cette nouvelle affection ! Réjouissons nous de ce retour du bon sens dans la maison des socialistes.

Reste à traiter le problème de la sincérité…

Il est facile de trouver de belles déclarations dans les médias, ou sur des blogs, mais après ? Les motions, quoique déjà infléchies par la crise mondiale, ne sont pas à la hauteur de leurs nouveaux discours. Certains voulaient même reporter le congrès pour mieux intégrer la crise dans leur programme.

Convient-il de faire confiance à ceux qui se sont, un temps au moins, déjà affranchis du programme du Parti Socialiste ?

SÉGOLÈNE ROYALE PERD LA MOITIÉ DE SES SOUTIENS

Si les médias mettent en exergue la victoire de Ségolène Royale, il est une autre vérité qui oblige à rappeler la division par 2 des voix que l’ex-candidate recueille dans le parti. Alors qu’elle rassemblait 60% des militants lors de l’investiture à l’élection présidentielle, moins de 30% se sont exprimés en faveur de sa motion. Dans le même temps, la motion de Benoît Hamon obtient 19% des voix. Ce score doit être apprécié à sa juste valeur car, si ces mêmes médias au fur et à mesure de la campagne, enregistraient une poussée de l’aile anti-libérale du parti, ils la situaient autour de 15% et n’avaient pas pronostiqué un tel score. Notons d’ailleurs que la motion de Benoît Hamon était quasiment absente à la fois des médias et des sondages. Quant on en connait l’importance dans le comportement de l’électeur, on peut être assuré qu’une représentation plus objective de la motion C dans les médias aurait, au moins, modifié la donne. Mais ne désespérons pas ! C'est un travail de longue haleine...

LA MOTION ARRIVÉE EN TÊTE DOIT-ELLE CONDUIRE LE PARTI ?

La question est mal posée. Ce n’est pas l’ordre d’arrivée des motions qui doit déterminer la ligne politique du parti, mais la capacité à rassembler autour d’un projet commun. Prenons un exemple peu fréquent mais déjà rencontré : une motion arrivée en tête ferait autour de 35% des voix. Les idées défendues par cette motion sont éloignées des idées défendues par plusieurs autres motions, proches les unes des autres, qui ensemble font plus de 50% des voix. Qui doit diriger le parti ? Évidemment ceux qui ont des idées proches les unes des autres s’ils réalisent l’union. Dans la plupart des cas, la motion arrivée en tête dirige le parti simplement parce qu’elle est aussi capable de rassembler autour d’elle. Mais ce n’est pas parce qu’une autre configuration, mois attendue, peut se présenter qu’elle n’est pas légitime. Ce cas s’est d’ailleurs déjà produit, un précédent de taille étant tout simplement le congrès d’Epinay en 1971. Nous y avons vu la victoire de François Mitterrand, pourtant minoritaire au sein même de sa propre coalition, et la défaite de la motion Savary–Mollet pourtant majoritaire à l’issue du premier tour. Et c'est bien ce Mitterrand-là qui nous a porté vers la victoire de 1981...

Epinay.jpg

(source : http://www.france-politique.fr/congres-ps.htm)

Les statuts du parti socialiste n'ont jamais indiqué que la motion arrivée en tête devait diriger le parti. Et heureusement, puisque nous avons ainsi la possibilité de nous exprimer sur un vote de conviction, et donc éviter (au moins en théorie) l'écueil du « vote utile ».

Changer les règles du jeu, ne serait-ce que dans l’esprit des gens, alors que le processus électoral n’est pas terminé, reviendrait à trahir les adhérents qui ont fait le choix du vote de conviction plutôt que du vote tactique.

QUEL CANDIDAT POUR LE POSTE DE PREMIER SECRÉTAIRE ?

Pour la motion E, le choix du candidat ne semble pas aller de soi. Il faudra plusieurs jours pour décider entre Emmanuel Valls, Vincent Peillon, François Rebsamen, Julien Dray, certains parlent même d’un nom jamais cité - on en oublierait presque Gérard Collomb -, voire Ségolène Royale. Il est vrai que cette dernière avait fait le choix de ne pas être tête de liste et avait annoncé mettre ses ambitions au frigidaire. Posture peu courageuse visant à ne pas écorner sa véritable ambition (qui, au demeurant, n'est pourtant pas critiquable), celle d’être une nouvelle fois la candidate du parti socialiste à l’élection présidentielle.

En définitive, la question qui se pose au sein de la motion E ne semble pas être celle du candidat qui portera le mieux le programme socialiste, mais plutôt celle de celui qui saura rassembler et éviter la confusion. Par anticipation, certains s’ingénient d'ailleurs déjà à accuser les autres 70% des militants de vouloir jouer le « tout sauf Ségolène ».

Du côté des motions A et D, le choix du candidat potentiel est plus clair... Encore que les propos de Bertrand Delanoë « ma candidature ne doit pas constituer un problème pour le PS » ajoutent à la confusion. Clairement on est plutôt entré dans la stratégie de l’attente : « wait and see ». Ensuite, s’il est objectif que la candidature de Martine Aubry serait la plus consensuelle, elle ne serait, en tout cas, certainement pas un gage de renouvellement.

La motion C est la seule à avoir une stratégie et une ligne politique ne déviant ni dans le temps, ni entre les propos et les écrits. Elle est la seule en capacité de présenter un candidat dès le premier jour, cohérent avec son projet, sans tractation ni arrières pensées politiciennes, ayant le soutien entier de ses militants, et répondant clairement au besoin de redynamisation du parti.

QUI D’AUTRE QU’UN ANTI-LIBERAL POUR S’OPPOSER AU LIBÉRALISME ?

Benoît Hamon propose des solutions constructives et opposables aux excès du capitalisme financier et de la dérégulation libérale. Contrairement aux autres, il n’a à se renier sur rien et ne peut pas être suspecté de renoncer au programme du parti Socialiste au premier retournement de vent. Il est celui qui incarne le mieux l’exigence intellectuelle dont nous avons besoin aujourd’hui.

Si vous êtes atteint d’une maladie rare, et qu’après les échecs de plusieurs médecins, un autre médecin fini par faire le bon diagnostic, à qui croyez-vous que vous confierez la responsabilité de vous soigner ? A celui qui a fait le bon diagnostic.

Benoît Hamon a fait le bon diagnostic. Il peut rassembler et créer une majorité soudée. Il incarne mieux que quiconque le renouvellement. Il doit être le prochain secrétaire du Parti Socialiste.

Texte présenté par les signataires de la motion C à Chaville :

  • Jocelyne Quoniam (Conseillère Municipale)
  • Patrick Fournier
  • Annick Greneche
  • Yannick Avelino (Conseiller Municipal)

mardi, septembre 30 2008

La plus importante hausse du chômage depuis 15 ans !

30 09 2008

unemployed.jpgAujourd'hui, Laurent Wauquiez nous l'a dit :

"C'est une très nette dégradation de l'emploi dans le domaine de l'intérim, qui a été le premier facteur d'augmentation. La deuxième, c'est la situation du nombre de chômeurs de plus de 50 ans."

Voilà qui est clair : le secrétaire d'État à l'Emploi avoue que les intérimaires sont touchés. Et pourtant, ce sont eux ces travailleurs que les administrateurs d'entreprises appellent avec toute la poésie dont ils sont capables le "matelas de sécurité".

Ceux-là même qui vivaient déjà la précarité quotidienne, travaillant parfois depuis des années dans la même usine mais ne sachant pas où ils seraient le lendemain.

Eh oui, car nous avons professionnalisé la précarité ! Oh, bien entendu, tout le monde en a profité. Les sociétés d'intérim, mais aussi les entreprises utilisatrices qui peuvent "acheter" temporairement des spécialistes et simplement les "rendre au marché" quand ils n'en veulent plus.

Mais, que se passe-t-il quand le "matelas de sécurité est touché" ? Eh bien, en toute logique, on s'écrase sur le sol ! Les mois prochains vont être le théâtre de licenciements massifs.

Dans un pays où nous avons poussé le conservatisme néo-libéral bien plus loin qu'aux USA, nous ne pouvons que craindre des effets à l'échelle.

Les outils étaient pourtant sous les yeux du gouvernement, mais tout à été fait à l'exact opposé du nécessaire.

Il est urgent d'activer le tarif extérieur commun !

Le tarif extérieur commun est inscrit dans le traité de Rome, Il doit être activé pour mettre en place une stratégie économique européenne. Cette stratégie doit absolument s’inscrire dans le cadre de la préférence communautaire, principe défendu par les pères fondateurs de l’Europe.

Pourquoi fuir dès qu'il s'agit de la moindre forme de protectionnisme ?

Le tarif extérieur commun définit les principes d’une politique tarifaire de nature à défendre les industries et les emplois européens dès lors qu’ils sont menacés par une concurrence déloyale. C'est l'unique moyen de lutte contre le dumping social et environnemental.

Et non, le protectionnisme ne va pas de paire avec la xénophobie ! Nous devons choisir la coopération plutôt que la concurrence... Pour protéger la croissance économique des uns et des autres, il faut coopérer en mettant en place des fonds publics ayant comme objectif la convergence sociale et écologique. Le seul échange commercial n'a pas de sens !

Le libre-échange, cher à la droite (et à d'autres pourtant membre du PS) va à l'exact encontre de ces principes.

Les chiffres du chômage publiés chaque mois par l'ANPE et Bercy ne sont pas faciles à décortiquer puisque, quand une personne en est décomptée,il peut s'agir autant de radiations que de retour dans un emploi ou d'une formation.

Il est d'ailleurs de notoriété publique que l'ANPE fait un gros travail de radiation (envoi de convocation après les rendez-vous, convocations envoyées la veille pour des réunions le lendemain à des centaines de kilomètres,...)

Et pourtant, une telle variation à la hausse d'un mois sur l'autre n'a pas été observée depuis 1993.

Rendez-vous le 4 décembre pour la diffusion par l'INSEE du taux de chômage du 3e trimestre... En espérant du mieux !

lundi, septembre 29 2008

One Woman Show

29 09 2008

journal.jpgVoilà ce qu'on lit dans lémédias aujourd'hui :

"Comment {Ségolène Royal} veut-elle éviter l’attaque personnelle si sa seule offre politique c’est elle, radieuse d'elle-même et son sourire magnétique?"

ou encore

"Royal jouant les Monsieur Loyal, résumant la politique à un «Je», défiant le syndicat des autres «Je» du congrès socialiste."

Eh bien, je ne suis pas spécialement du genre à défendre Ségolène, mais là, il va bien falloir que j'y passe...

Qu'il n'y ait pas (enfin, peu) de fond politique dans un spectacle, c'est normal... Puisque c'était un spectacle.

On ne peut pas le reprocher, ce n'était pas l'objet...

Par contre, la question est : pourquoi organiser un spectacle maintenant ? Un défouloir ? Sans doutes. Générer du papier ? Certainement !

Essayez de vous faire entendre sur le fond politique, quand vous êtes socialiste, et vous verrez à quel point lémédias s'en moquent.

C'est bien plus facile pour lémédias de se moquer du PS ! Il suffit d'en faire des tonnes sur le thème "Regardez les éléphants, ils broutent leurs contributions !".

Parlez d'économie, et pas une ligne, ni sur Internet, ni sur le papier, ni sur les ondes... Mais il est vrai que ça ne doit pas être à l'ordre du jour.

Je suis de ceux qui ont signé la motion portée par Benoît Hamon. L'économie en est le cœur. Beaucoup de clefs sont à mon sens données dans ce texte. Il est à la fois innovant politiquement et renouvelant quand à ses signataires. Pourtant, qu'avez-vous lu à son sujet dans lémédias ?

Ségolène a sa façon de penser la politique, et ce n'est pas la mienne. Cependant, elle défend SA vision et utilise les moyens qu'ELLE estime nécessaires.

N'en voulez pas à Ségolène si elle génère du mouvement médiatique avec un spectacle. Lémédias n'entendent plus le reste !

dimanche, septembre 28 2008

Des berceaux à 17750€ par an et par enfant...

28 09 2008

creches.jpgLe 4 août 2008, la ville de Chaville a passé un marché complémentaire avec la société "People & Baby" pour 10 berceaux supplémentaire. La ville réserve donc désormais la totalité des 40 berceaux qu'héberge cette crèche privée.

Beaucoup de parents le savent, toutes les demandes de places en crèche ne peuvent être satisfaites, et Chaville manque cruellement d’assistantes maternelles.

Cette situation est particulièrement injuste, d'autant plus qu'elle s’est dégradée depuis la suppression brutale de la crèche familiale municipale en juillet 2006.

Pour le prix de ces 40 berceaux dans le secteur privé, nous pourrions en avoir 80 !

Comme si, dans ce domaine comme dans les autres, l'efficacité de la régie publique était à prouver. Les dogmes libéraux, une fois de plus, nous coûtent très cher !

Un monde d'avance !

28 09 2008

1750045209.jpg C'est un nouveau pas !

Sept des contributions au congrès Reims se rassemblent dans une motion commune à l'aile gauche du PS.

Cette motion, ce n'est pas le résultat d'un casting. Elle est résultat d'un accord de fond sur les enjeux que nous impose le monde, l'Europe, et la France. Le seule motion à trancher clairement avec la ligne des sociaux-libéraux !

Pour un militant socialiste, voter pour la "motion C - Un monde d'avance !"' c'est vouloir un nouveau parti socialiste, audible, conquérant. Un parti capable non seulement de s'opposer au détricotage de notre société par l'UMP, mais aussi participer à la construction d'une force de proposition innovante, claire sur ses alliances et sa vision du monde.

Renouveler le Parti Socialiste avec des équipes capables d'anticiper les évolutions et d'inventer les politiques de demain est urgent.

C'est maintenant que le militant socialiste, par sa réflexion exonérée des batailles d’ego ou de palabres médiatiques, tient au bout de son vote l’espoir que ce congrès soit autre chose que la reconduction de la même ligne politique, de la même stratégie, des mêmes paralysies, des mêmes personnes et qu’il permette enfin un changement profond. Une véritable réponse aux attentes sociales.

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samedi, septembre 27 2008

Développement durable : effet de mode, ou projet d’avenir ?

27 09 2008

Construire un projet, c’est mettre en place une démarche visant à atteindre des objectifs. Par conséquent, faire du développement durable un véritable projet d’avenir c'est faire s'inscrire les différentes initiatives plus ou moins coordonnées dans un processus.

Ce processus est d'ailleurs planifié depuis longtemps, et c'est même pour le moment ce que nous avons réussi à faire le mieux au travers, par exemple, de l’agenda 21 de Rio, ou encore du protocole de Kyoto.

Cette première étape, réussie puisque déjà d'ordre national, voire supranational, ne peut fonctionner sans trois éléments indispensables et complémentaires :

  • La volonté, car il s’agit bien de développer, d’aller de la parole vers les actes, de mettre en œuvre une volonté politique.
  • La connaissance, qui fait la prise de conscience et l'anticipation des effets.
  • Et l'action...


Savoir

Une lente prise de conscience

Le prise de conscience du lien néfaste qui existe entre activité humaine désorganisée et nature est ancienne. Il faut remonter à Malthus, en 1798, pour qui, dès cette époque, l’augmentation de la population plus rapide que les ressource ne peut mener qu’à des catastrophes majeures. Mais le 19e siècle est celui des progrès technologiques, et les évolutions techniques laissent imaginer des ressources infinies. Il faudra attendre 1890 pour que la première réserve naturelle ne soit crée à Yellowstone, aux états unis.

Ce n’est qu’en 1987 que Gro Harlem Brundtland, premier ministre de la Norvège, emploie pour la première fois le terme de "sustainable development" dans un rapport pour l’ONU. Ce terme a été traduit en français par le fameux "développement durable", et l’ambiguïté du mot "développement" a fait enterrer par les politiques de l’époque les initiatives associées (sans doute déjà par crainte d’une nouvelle idéologie récessioniste).

Pour réconcilier les économistes avec le principe, il faudra attendre la réapparition du terme "soutenable", levant à leurs yeux l’ambiguïté sur la partie "développement". En effet, la remise en cause de notre modèle de croissance économique n’était plus alors directement à l’ordre du jour. Le terme de "développement durable" connaît alors un essor fulgurant. Politiques, industriels, mais aussi contestataires des pouvoirs en place : tous l’adoptent, mais tous n’y mettent pas la même chose. Le sommet de la Terre de Johannesbug a réaffirmé les objectifs de Rio. Les zones protégées représentent désormais plus de 12% de la planète, de nouveaux indicateurs montrent la fragilité et la valeur des écosystèmes. Les objectifs fixés sont devenus ambitieux, et les premières mesures, timidement, sont appliquées. En bref, peu à peu, les problématiques de développement entrent durablement dans nos esprits, et transforment notre vision du monde.

Economie solidaire et neurologie

La neuroéconomie est une thématique de recherche au croisement de l’économie et de la neurologie. Il s’agit d’étudier l’influence des facteurs émotionnels dans les prises de décisions qu’il s’agisse d’investissement, d’achat, de prise de risque, ou encore de façon très générale de consommation. La neuroéconomie examine les fonctionnement neurologiques de ces comportements, notamment grâce aux nouvelles techniques d’imagerie cérébrale. La première constatation est que, prendre une décision est impliquant émotionnellement parlant... La neurobiologie a récemment mis en évidence les régions du cerveau affectées aux émotions dans la prise d’une décision. Cette découverte s’est prolongée par des recherches sur le fonctionnement du cerveau lors d’activités économiques courantes : décider, négocier, acheter et vendre, consommer, se comparer aux autres, entrer en compétition, etc.

Faut-il, par exemple, prendre à la lettre le fait que nous nous disions "dégoûtés" lorsque nous nous estimons victimes d’une injustice (sur le plan financier, des pertes en bourse par exemple) ? Eh bien oui, car c’est la même zone du cerveau qui s’active lorsque nous avons des nausées.

Y a-t-il des états cérébraux particuliers liés à la tentation irrésistible de consommer certains biens ? ou se mettre dans une position d’exclusion sociale ?

Nous sommes capables, très inconsciemment, de gérer nos émotions pour créer un champ économique. Il nous faut dès lors trouver la raison bloquant ce processus et nous empêchant de l’appliquer à une économie qui soit à la fois prospère et solidaire. Il s'agit bien d'un blocage, puisque, finalement d'après ces études, l'équité semble notre façon neurologique normale de considérer les échanges.

Vouloir

De la parole aux actes

Toutes les études le montrent : nous nous soucions de l’environnement. Enfin, nous sommes surtout pleins de bonnes intentions, mais nous avons parfois du mal à les concrétiser. Le champ d’action individuel est pourtant vaste. Les faits sont têtus, et une étude du Credoc montre que la recherche du confort prime encore à l’heure actuelle sur la recherche de consommations écoresponsables.

Le problème reste visiblement le prix, puisque nous sommes 90% à nous inquiéter des dérèglements climatiques, mais seulement 19% à être prêts à payer plus cher pour des produits respectueux de l’environnement. Il nous faut cependant nous méfier. Manger "bio", n’est pas forcement manger "durable". D’abord, pour des raisons de marketing. Une production bio implique une utilisation limitée des produits chimiques. Or, certaines recettes de grand-mère de produits phytosanitaires sont notoirement plus nocives pour l’environnement que certains produits chimiques industriels. Manger "durable", c’est surtout manger local, et de saison. Et là, il n’y a pas obligatoirement de surcoût.

Les civilisations à l’épreuve de la durabilité

Prenons quelques exemples. Face à un changement écologique majeur, les Vikings ont disparu du Groenland (Grønland en danois veut dire « terre verte ») alors que les Inuits sont toujours là. On peut aussi parler de Tikopia, petite île proche de l’île de Pâques, où les 1200 habitants ont échappé au sort tragique de leurs voisins. Au fil de l’histoire, nous avons de nombreux exemples où les choix qui ont été faits ont été déterminants. Ils ont tout simplement marqué la différence entre les civilisations qui ont survécu et celles qui se sont éteintes. Dans la plupart des cas, la situation peut se résumer ainsi : si une ressource en libre accès est en régression rapide, l’intérêt de chacun est d’en prélever le plus possible avant l’inévitable épuisement, alors que l’intérêt du groupe est de sauver la ressource. Le coeur de ce problème est donc bien celui de la gouvernance, et une autorité capable de représenter le bien commun ne surgit malheureusement pas toujours.

Volonté politique

L’écologie, qui se doit d’être une démarche visant à assurer la régulation des écosystèmes, est en fait plus que cela. Au travers de problèmes comme ceux de la pêche au thon rouge en Méditerranée, elle est devenue un révélateur des dysfonctionnements de la démocratie. Depuis toujours, notre système est le porte-voix de lobbies. Plus ou moins efficaces, ou représentatifs, ils sont aujourd’hui parfaitement admis dans les couloirs de notre parlement. La puissance des plus vigoureux transforme l’administration et les responsables politiques en de réels complices. Comment parler d’écologie politique alors que le parlement est un terrain de jeu pour Monsanto, Bouygues et autre Véolia ? Ce sont donc aujourd’hui de solides contre-pouvoirs permanents qui sont à construire. La démocratie est à réinventer, et c’est à cette seule condition que l’écologie politique pourra se développer. Nous sommes là au coeur des raisons montrant le besoin d’une sixième république. La démocratie doit devenir "l’oxygène de l’écologie" (N. Mamère), et certainement pas le contraire, comme on voudrait nous le prouver avec de timides saupoudrages dans les programmes électoraux.

Il ne s’agit donc pas de construire une écologie autoritaire où le rationnement devra sauver le monde malgré lui. L’écologie politique ne peut vivre que dans un système ouvert et respectant les droits des personnes. La démocratie écologique exige la responsabilité de chacun, et le contrôle des citoyens. Nous ne pouvons donc parler que d’une démocratie directe, qui soit représentative et participative.

Agir

Produire mieux avec moins

La hausse du coût de l’énergie, l’envolée des matières premières, et la pénurie de pétrole annoncée montrent que, plus que jamais, l’industrie doit se montrer économe. Nous sommes aujourd’hui face à des paramètres qui mettent sa rentabilité directement en cause, et les méthodes mises en place pour répondre à ce danger seront déterminantes. Les pistes les plus évidentes peuvent être listées ici :

  • Miser sur les nouveaux matériaux
  • Réserver le pétrole à des usages "nobles" (ce qui implique de favoriser la production locale)
  • Améliorer l’efficacité énergétique
  • Tout doit être recyclé !
  • Louer plus, vendre moins

Valoriser plutôt que jeter

La production mondiale de déchets est estimée à 4 milliards de tonnes par an. Or, ces déchets peuvent aussi être des ressources. Différentes solutions existent :

  • Les transformer en gaz et en nouveaux carburants (procédé de la thermolyse, ou encore procédé de méthanisation) : 1T de déchets = 240kg de coke ou 140m3 de biogaz.
  • Faire du compost
  • Recycler les matières premières, soir par simple récupération (aluminium, cuivre...), soit par procédé industriel (textiles).

Repenser la ville

Il nous faut créer une ville "des courtes distances". Bétonner de nouvelles parcelles pour construire toujours plus de pavillons individuels va se payer cher en ressources. Là encore, quelques lignes suffisent à esquisser la ville durable :

  • Faire des villes plus compactes. Il s’agit notamment de développer de nouvelles villes polynucléaires, dont ces centres seraient reliés par des transports en commun très efficaces.
  • Mélanger lieux de vie, de travail, et de commerce pour diminuer les besoins en transports.
  • Construire des "boucles" qui relient les zones périurbaines (les déplacements inter-banlieue représentent plus de 70% des déplacement franciliens, et moins de 10% sont effectués en transports en commun).


Pour conclure

Le projet d’avenir est donc bien réel, même s'il s’est imposé à nous à cause d'échéances catastrophiques. Nos vies changent. Incontestablement, nous nous déplacerons moins, incontestablement, nos rythmes de vie devront ralentir, et, incontestablement de nouvelles économies devront se mettre en place.

La question éternelle est : Faut-il soutenir durablement notre modèle de développement actuel, ou trouver un nouveau mode de développement qui nous permette de vivre mieux ?

La réponse est dès lors donnée. Notre modèle de développement actuel n'est plus soutenable.

La volonté politique et la mise en place de nouveaux contre-pouvoirs nous pousseront obligatoirement vers des objectifs qui tourneront autour de l’Homme, et non autour des performances boursières.

Nous sommes au début du premier tour de roue de cette stratégie, et le danger le plus grand reste encore et toujours celui d’une erreur sur les objectifs.

Les nouveaux indicateurs de qualité de vie devront peu à peu se faire la seule valeur de référence des gouvernements, et, pour cela, nous devons apprendre que ce n’est pas incompatible, bien au contraire, avec les nouvelles économie et les nouveaux emplois qui émergeront de cette nouvelle stratégie de vie (nouvelle car désormais explicite) : répondre à nos besoins sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

jeudi, septembre 25 2008

Paquet Télécom / Projet de loi Hadopi

25 09 2008

Vous en avez certainement entendu parler : Denis Oliviennes (ancien directeur du groupe FNAC et directeur de la publication du Nouvel Observateur) est à la source d'un projet de loi proposant la création d'une administration indépendante dont le rôle serait la mise en œuvre d'une « réponse graduée » contre le téléchargement illégal.

En cas de repérage par l'administration en question, il serait prévu :

1: Un message d’avertissement, signé par l’administration, adressé par le FAI à l’abonné, responsable de la ligne.

2 : En cas de récidive, second message d’avertissement.

3 : En cas de récidive dans les six mois, l’abonnement serait suspendu un mois.

4 : En cas de nouvelle récidive dans les six mois, l’abonnement serait alors résilié et bloqué un an.

Et bien entendu, tout ceci sans l'intervention d'aucun juge...

Aujourd'hui, l'accès à internet est entré à ce point dans nos vie que, priver quelqu'un d'accès, c'est assez comparable à une interdiction du territoire. L'atteinte aux libertés individuelles est donc flagrante.

La première question à se poser est celle de la cohérence entre les délits et les peines mentionnées. Ne peut-on pas parler de disproportion entre le téléchargement de trois morceaux de musique et, encore une fois, quelque chose de tout à fait équivalent à une interdiction du territoire ? Mieux, puisque nous faisons de la politique, allons jusqu'au bout : Ne peut-on pas trouver plus pédagogique et plus responsabilisant ? Ne peut-on pas parler, avec de telles peines d'une infantilisation des usagers ?

Le second problème n'est pas moins grand : comment peut-on, sans jugement restreindre droits et libertés ? Comment une administration, et non une autorité judiciaire peut avoir ce pouvoir ?

Il semblerait que les députés européens aient répondu à ces questions en votant à 560 voix sur 660 un amendement de Guy Bono et Daniel Cohn-Bendit contredisant le principe même de la "riposte graduée".

Christine Albanel, disait vouloir faire comprendre l'approche du gouvernement français au niveau européen, voilà qui est fait ! Les eurodéputés ne s'y sont pas trompé.

Mais voilà... La France n'en est pas là... Comme d'habitude, l'UMP, face au mur, accélère et demande une inscription anticipée du texte : un texte contraire au droit communautaire, réduisant les libertés individuelles, et clairement en marge de la loi informatique et libertés.

Évolution de l'atelier de gravure.

25 09 2008

En tant que Chavillois, vous savez probablement que l'atelier de gravure de la ville, géré par l'association "Estampe de Chaville" a subi de profondes modifications, et ce, depuis le mois de juin.

estampe.JPG

En effet, avant même le conseil municipal du 24/06/2008, des courriers de la ville signifiant aux enseignants de cet atelier la volonté de ne pas renouveler de leurs contrats annuels ont été envoyés.

Par ailleurs, nous apprenions également que la mairie vidait les locaux de ses occupants.

Il s'avère (et vous l'aurez lu dans le "Chaville Magasine" de septembre), que de nouveaux cours intégrant une activité de gravure sont créés. Certes, les techniques aux acides ne seront plus enseignées, mais l'activité est bien là, et nous nous réjouissons qu'elle perdure.

En revanche, l'association de l'Estampe n'a plus aucun lien avec ces cours, et privée des locaux dont elle disposait, elle se voit désormais dans l'impossibilité de mener à bien sa mission de diffusion de l'art de la gravure.

S'il est compréhensible que la mairie souhaite se désengager de ce service pour des raisons budgétaires (ce qui peut être discutable, mais est parfaitement compréhensible), il est en revanche inconcevable qu'aucun effort de transfert de compétence n'ait été fait.

Nous ne pourrons alors plus que déplorer la disparition d'un outil de culture, âgé de plus de 30 ans, et aux dimensions internationale. Certains vous diront que cet outil était malade, et même que d'autres outils du même genre existent. Probablement. Nous n'avons pas les éléments de réponse entre nos mains, mais pourquoi n'écouterions-nous pas de tels propos ?

La différence entre quelqu'un qui aime le travail bien fait et un liquidateur, c'est que celui qui aime le travail bien fait ne laisse pas traîner d'outil cassé. Un outil, surtout de culture, se répare, s'entretient, et se transmet.

C'est cela, le travail du politique responsable de culture : prendre soin des outils, en créer de nouveaux, générer de l'émulation artistique en provoquant des rencontres... Ce travail, M. Guillet n'a pas jugé utile de le faire. Espérons qu'il ne faut pas y trouver le reflet de l'intérêt qu'il porte à la culture.

Le conseil municipal du mercredi 24 septembre comportait à son ordre du jour un point intitulé "Évolution de l'atelier de gravure".

La proposition de délibération du conseil était libellée ainsi :

"Le Conseil municipal, après en avoir délibéré au scrutin public, décide de faire évoluer l'Atelier de gravure... etc..."

Rien n'ayant été voté avant, et les choses étant faites depuis bien longtemps, comment accepter de se prononcer sur cette délibération ?

Pour nous, il est pour le moins légitime de considérer ce point de l'ordre du jour comme une supercherie, et le groupe socialiste a donc décidé de ne pas prendre part au vote.

mercredi, septembre 24 2008

Qui suis-je ?

24 09 2008

Né le 15 mars 1983 à Tulle, en Corrèze, je suis ingénieur de formation et exerce les fonctions de consultant en électronique.

J'ai habité le village de Rosiers d'Egletons toute mon enfance puis Brive-La-Gaillarde jusqu'en 2005. J'ai ensuite déménagé pour Paris où je ne suis resté que 8 mois avant de m'installer à Chaville en novembre de la même année. Je construis depuis mon cœur de vie dans cette ville à dimensions humaine où je peux trouver avec bonheur à la fois le calme des forêts de mon enfance, et la proximité immédiate de Paris.

Vivre dans les Hauts-de-Seine, département très rude quand on a des valeurs de gauche, m'a poussé à rejoindre le MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) peu de temps avant les combats contre les CPE et CNE de début 2006.

J'ai naturellement adhéré au Parti Socialiste la même année et essaye depuis de faire progresser les idéaux de la gauche en m'investissant de plus en plus au niveau local.

Ma sensibilité naturelle aux thèmes liés à l'industrie, la recherche et l'économie m'ont orienté vers le courant NPS (Nouveau parti Socialiste) animé par Benoît Hamon et Henri Emmanuelli.

Je suis conseiller municipal depuis élections de 2008, et mon travail (en tout cas, je l'espère), consiste en la construction d'une opposition aussi transparente et responsable que possible. C'est non seulement la raison d'être de ce site, mais c'est aussi la base même du respect des citoyens.

mardi, septembre 23 2008

Contact

23 09 2008

Vous pouvez me contacter par mail à l'adresse :

yavelino(at)gmail.com

Pour m'épargner le SPAM, merci de remplacer (at) par @.